La Martinique résiste au régime d’apartheid sanitaire

Des milliers de personnes ont répondu ce jeudi 11 novembre 2021 aux manifestations de résistance tant au Gros-Morne qu’a fort de France. Ce jeudi 11 novembre au Gros-Morne il y avait des martiniquais du Nord, du Sud, du Centre, de la côte Atlantique et de la côte Caraïbe. Des martiniquais des villes, des mornes et des campagnes. Il y avait des jeunes des ainés. Il y avait aussi beaucoup de résidents en Martinique et qui partagent avec nous une communauté de destin. Il y avait toute la Martinique, dans sa diversité, sa beauté sa force et dans son unité !

C’est une affaire politique et pas une affaire de santé.
Quand on voit un tel rassemblement, autant de personnes mobilisées autour d’un appel à la résistance, on ne peut s’empêcher de penser à ceux qui nous ont précédés et prendre conscience que l’héritage qu’il nous ont laissé, n’a jamais été aussi vivant, ni aussi essentiel.
Ce rassemblement s’est fait autour de ce que l’idée de « Politique » peut avoir de plus noble et de plus exigeant pour un pays comme le nôtre : « La liberté ». Encore plus loin et plus haut que la stricte liberté d’accès aux soins, parce que c’est une affaire politique qui utilise la santé comme moyen de privation de liberté et d’assujettissement.
Cette exigence de « liberté » demande que nous clarifiions, non seulement les enjeux fondamentaux qui se dressent aujourd’hui devant nous, à savoir les objectifs de et les résultats attendus de la conduite de la médiation en cours, mais aussi et surtout, les principes et les valeurs qui devront nous guider pour les années qui viennent.
Il ne pourrait s’agir que de principes et de valeurs qui relèvent du niveau de ce qui confère une âme, un sens, une signification culturelle et sociale à l’organisation de la cité. Des principes et des valeurs qui relèvent de ce qui donnerait du sens à notre vivre-ensemble et de l’élévation à chaque instant de notre vie. C’est pour cela que les mouvements en cours et leurs revendications ne doivent nullement déserter nos urgences les plus immédiates. C’est parce que c’est une question Politique, que ces revendications doivent toucher au système et donc à tous les aspects de notre vie quotidienne, et s’étendre à tous les secteurs de l’activité de notre pays.
Et c’est donc de la manière la plus claire et la plus définitive que nous disons :
– Oui à la liberté
– Non à l’obligation vaccinale
– Non au pass-sanitaire

Cette exigence n’est pas une utopie.
Ceux qui considère qu’il faut abdiquer sur ces principes, et se font le relais d’une humiliation de plus pour le peuple Martiniquais, doivent se rappeler que la première des libertés, c’est la liberté de l’esprit, d’initier, d’inventer… et dans la constance d’une claire volonté !
Nos ancêtres se sont battus durant des générations, donnant leur sang et leurs vies par dizaines de milliers, pour que nous puissions bénéficier de la liberté et des droits qui sont les nôtres aujourd’hui. Rien ne nous a été accordé. Derrière chacun de nos droits actuels, il y a des générations de luttes, de combats, d’exigences têtues. Et malgré les avancées de 1946 qui nous inscrit dans la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » nous avons toujours été les parents pauvres de cette République.
L’on aura beau mettre toutes les sanctions, déployer toutes les polices et toutes les contraintes, tenir toutes les médiations ou négociations que l’on peut, décider de toutes les mesures d’accompagnement que l’on pourrait imaginer, cela ne changera rien à ces vérités très simples et non négociables :
Qu’il n’y a de vitalité civique individuelle et collective, que dans la liberté !
Qu’il n’y a d’initiative et de solidarité active que dans la liberté !
Et qu’il n’y a de créativité et de projection dans l’avenir que dans une situation d’Homme libre !

Alors de quoi s’agit-il ?
Nous ne reviendrons pas sur la chronologie des faits que nous avons déjà largement relatée sur notre site évolution Martinique. Nous nous contenterons de signaler à nouveau que la Martinique est frappée de plein par une crise sanitaire dont les solutions proposées par le gouvernement français sont refusées par 70% des martiniquais. Nous ne reviendrons pas non plus sur les dispositions prises par cette administration, mais soulignons que la gestion catastrophique, punitive et infantilisante opérée par les services de l’état s’appuie sur des relents des sombres moments de l’histoire coloniale de la France jusqu’à inventer « l’apartheid sanitaire ». Il s’agit bien de cela si on s’en tient à la définition du Robert : « Discrimination, voire exclusion, d’une partie de la population, qui ne dispose pas des mêmes droits, lieux d’habitation ou emplois que le reste de la collectivité. »

Et voila les sanctions y afférentes en cas d’insoumission:

JORF n°0277 du 15 novembre 2020
Extrait du Journal officiel électronique authentifié.
LOI n° 2020-1379 du 14 novembre 2020 autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire et portant diverses mesures de gestion de la crise sanitaire
….
Article 12

« Par dérogation au premier alinéa de l’article 714 du code de procédure pénale, les personnes mises en examen, prévenues et accusées peuvent être affectées dans un établissement pour peines.
Par dérogation aux dispositions du premier alinéa de l’article 717 du même code, les condamnés peuvent être incarcérés en maison d’arrêt, quel que soit le quantum de peine à subir.
Les personnes condamnées et les personnes mises en examen, prévenues et accusées placées en détention provisoire peuvent, sans l’accord ou l’avis préalable des autorités judiciaires compétentes, être incarcérées ou transférées dans un établissement pénitentiaire à des fins de lutte contre l’épidémie de covid-19. Il en est rendu compte immédiatement aux autorités judiciaires compétentes qui peuvent modifier les transferts décidés ou y mettre fin.
Ces dispositions sont applicables jusqu’au 31 août 2021
. »

En clair un non vacciné est considéré comme un opposant politique qui peut être arrêté d’un moment à l’autre et être placé d’office dans un établissement pénitentiaire spécialisé, sans jugement.

Rappelons que des élus martiniquais ont voté pour l’application de cette loi

La morale, l’éthique et la loi.
Au-delà de toutes autres considérations, au-delà même des contours légaux qui nous sont systématiquement brandis, il s’agit fondamentalement de savoir si nous acceptons de renoncer à notre liberté quant à la mise en œuvre de notre devenir dans ce monde en mutation ? Nous savons parfaitement que la Loi n’est pas une affaire de Justice, encore moins d’éthique et de morale, mais une affaire de pouvoir. C’est celui qui détient le pouvoir qui fait et défait la loi, fusse-t-elle juste ou injuste, morale ou immorale.
Permettez-moi juste un aperçu des profils de ceux qui ont fait et font encore notre justice : Un ancien Président de la République, garant des institutions, garant de l’indépendance de la justice, condamné pour la seconde fois cette année ? Un ministre de la Justice qui défend au parlement un assouplissement du délit de prise illégale d’intérêt alors qu’il vient d’être mis en examen sur ce fondement ?
Souvenons-nous que les grandes tragédies humaines (esclavage, colonisation, apartheid, Shoa…) étaient toutes légales, mais injustes et immorales. Ces lois ont été refusées, combattues et changées.

Voilà l’alternative, elle est simple, elle est claire.
Se soumettre ou non à l’immoral ?
Ce n’est donc pas une affaire d’article de loi, c’est avant tout une affaire de principes et de valeurs universelles.

Jeff Lafontaine, le 12/11/21

Un commentaire

  1. Première phrase de l’article 1er de la DDHC:

    « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »

    Personne d’autre ne possède la liberté que l’individu concerné, elle n’a pas à être suspendue, conditionnée, ni rendue.

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